Pourquoi n’y a-t-il pas eu de président catholique depuis JFK ?

Alors que l’Amérique galope vers l’élection présidentielle de 2020, nous nous penchons sur le fait que JFK a été le premier catholique élu à la Maison Blanche en tant que président et a été le dernier. Il convient de garder à l’esprit que Joe Biden est catholique romain.

En septembre 2015, le pape François est arrivé aux États-Unis, un pays où six des neuf juges de la Cour suprême de l’époque étaient catholiques, où le vice-président de l’époque, Joe Biden, était catholique, tout comme le président de la Chambre de l’époque, John Boehner, et pleinement 30 % de tous les membres du Congrès, en plus du secrétaire d’État John Kerry.

Cela semble être un quota très sain. On estime que 70 millions des 321 millions de résidents des États-Unis sont catholiques. Il y a maintenant aussi un catholique qui prend résidence à la Maison Blanche, la Première Dame Melania Trump ayant révélé sa religion après sa visite avec le Pape il y a trois ans.

Melania Trump.

Melania Trump.

Ce sera une source de satisfaction pour François que la plus grande zone de croissance en Amérique sera les personnes originaires d’Amérique latine ; les Hispaniques sont le segment qui connaît la croissance la plus rapide.

Une mesure du chemin parcouru par l’église catholique est contenue dans une observation du New York Times sur le discours du pape François à la session conjointe du Congrès.

« Il n’y a pas si longtemps, la perspective que le chef de l’église catholique s’adresse au Congrès aurait été impensable. Les catholiques en politique ont été une source de suspicion et un sujet de calomnie pendant des générations. Même lorsque John F. Kennedy est devenu le premier président catholique élu, il s’est senti obligé de défendre sa foi en affirmant qu’il ne recevrait pas d’ordres du pape. »

Pourtant, malgré les chiffres élogieux et l’impression massive que François a faite, il y a encore des preuves évidentes que les catholiques ont été largement sous-représentés dans les deux emplois les plus importants de tous : Président et Vice-président.

John F. Kennedy, bien sûr, a brisé cette première barrière, mais son catholicisme l’a presque condamné et a été largement considéré comme un handicap. Depuis son assassinat, aucun catholique n’a été près de redevenir président – un état de fait extraordinaire.

J’ai appris à ma grande surprise que Joe Biden est le premier vice-président catholique des États-Unis, là encore une véritable mise en cause du préjugé religieux contre la foi qui a existé pendant des générations surtout dans le sud, qui historiquement avait des prédicateurs peignant le pape comme le diable incarné.

La dernière fois, Martin O’Malley était le seul catholique du côté démocrate à tenter de se présenter à la présidence, mais sa candidature était un vrai coup de poker et n’a finalement pas abouti.

Jeb Bush, un converti au catholicisme, était le seul prétendant républicain d’origine catholique et n’a pas non plus fait long feu dans la course.

Martin O'Malley.'Malley.

Martin O’Malley.

Aucun juif n’a été élu à l’un ou l’autre poste, même si le colistier d’Al Gore, Joe Liebermann, a bien failli être vice-président.

Il n’y a jamais eu d’Italien et encore moins d’Hispanique, pourtant il y a eu un Afro-Américain, ce qui montre que l’Amérique d’aujourd’hui est bien capable de mettre de côté les préjugés pour choisir un président.

Mais dans la longue et glorieuse histoire des États-Unis, il n’en demeure pas moins que John Kennedy et Joe Biden sont des aberrations plutôt que la norme.

C’est vraiment étonnant quand on voit la popularité massive de catholiques comme JFK et François, toutes croyances confondues, et qu’on arrive à comprendre à quel point leur message humanitaire plutôt que doctrinaire est populaire.

Ce ne peut sûrement être qu’une question de temps avant qu’il n’y ait de nombreux successeurs de JFK et Biden aux postes les plus importants. Sans doute, avec le nombre croissant de politiciens hispaniques, il pourrait bien être l’un d’entre eux et ce serait très bienvenu.

L’Amérique a besoin de refléter sa diversité et de mettre en valeur le remarquable melting-pot qui a créé cette grande nation.

Je crois fermement que la visite de François en 2015 aidera à faire avancer ce projet et avoir plus de catholiques dans le mélange sera positif.