Hélène de Troie, la beauté qui a déclenché la guerre de Troie

Dans la mythologie grecque, Hélène de Troie est connue comme la femme dont la beauté a déclenché la guerre de Troie. Mais le personnage d’Hélène est plus complexe qu’il n’y paraît. En considérant les nombreux mythes grecs et romains qui entourent Hélène, de son enfance à sa vie après la guerre de Troie, une femme stratifiée et fascinante émerge.

Hélène fait partie des personnages mythiques engendrés par Zeus. Sous la forme d’un cygne, Zeus a séduit ou agressé Léda, la mère d’Hélène. La même nuit, Léda coucha avec son mari Tyndareus et donna ainsi naissance à quatre enfants, issus de deux œufs.

Léda et le cygne

« Léda et le cygne » de Cesare da Sesto, copie d’un tableau perdu de Léonard de Vinci (1515-1520). Source de l’image .

D’un œuf sont nés les enfants semi-divins, Hélène et Polydeuces (qui est appelé Pollux en latin), et de l’autre œuf sont nés les mortels Clytemnestre et Castor. Les garçons, collectivement appelés les Dioscures, devinrent les protecteurs divins des marins en mer, tandis qu’Hélène et Clytemnestre allaient jouer des rôles importants dans la saga de la guerre de Troie.

Dans un autre mythe, plus ancien, les parents d’Hélène étaient Zeus et Némésis, la déesse de la vengeance. Dans cette version aussi, Hélène est sortie d’un œuf.

Hélène était destinée à devenir la plus belle femme du monde. Sa réputation était si grande que même lorsqu’elle était une jeune enfant, le héros Thésée la désirait pour épouse. Il l’enleva et la cacha dans sa ville d’Athènes, mais lorsqu’il était absent, les frères d’Hélène, les Dioscures, la sauvèrent et la ramenèrent chez elle.

A l’âge adulte, Hélène fut courtisée par de nombreux prétendants, parmi lesquels elle choisit Ménélas, le roi de Sparte. Mais bien que Ménélas soit vaillant et riche, l’amour d’Hélène pour lui se révélera ténu.

A peu près à cette époque, un grand événement se produit chez les Olympiens : le mariage de la déesse Thétis avec le mortel Pélée. Tous les dieux furent invités à y assister, à l’exception d’Eris, dont le nom signifie « discorde ». Furieuse d’être exclue, Eris vient quand même à la fête et lance une pomme aux déesses Héra, Athéna et Aphrodite sur laquelle est écrit « pour la plus belle ». Chaque déesse prétend que la pomme lui est destinée et la dispute qui s’ensuit menace la paix de l’Olympe.

Zeus désigne le prince troyen Pâris pour juger qui est la plus belle des trois. Pour faire pencher son vote, chaque déesse offre à Pâris un pot-de-vin. D’Héra, Pâris recevra le pouvoir royal, tandis qu’Athéna lui offre la victoire au combat. Aphrodite lui promet Hélène, la plus belle femme du monde comme épouse, et Pâris la désigne comme gagnante du concours.

.The Judgment of ParisLe Jugement de Paris

« Le Jugement de Paris » de Peter Paul Reubens (ca. 1638). Pâris contemple les déesses tandis qu’Hermès brandit la pomme. Athéna est la plus proche d’Hermès avec ses armes caractéristiques à ses côtés, Aphrodite est au milieu avec son fils Eros qui lui enlace la jambe, et Héra se tient à l’extrême droite. Image source .

Pour réclamer le prix promis par Aphrodite, Pâris se rend à la cour de Ménélas, où il est honoré comme invité. Défiant les anciennes lois de l’hospitalité, Pâris séduit Hélène et s’enfuit avec elle dans son navire.

Le poète romain Ovide écrit une lettre d’Hélène à Pâris, capturant son mélange d’hésitation et d’empressement :

J’aurais voulu que tu viennes dans ton rapide navire en ce temps-là,
Quand ma virginité était recherchée par mille prétendants.
Si je t’avais vu, tu aurais été le premier des mille,
Mon mari me fera grâce de ce jugement !
(Ovide, Héroïdes 17.103-6)

L'Enlèvement d'Hélène

« L’Enlèvement d’Hélène » par Gavin Hamilton (1784). Source de l’image .

Paris fait voile vers Troie avec sa nouvelle épouse, un acte qui a été considéré comme un enlèvement indépendamment de la complicité d’Hélène. Lorsque Ménélas découvre qu’Hélène est partie, lui et son frère Agamemnon mènent des troupes outre-mer pour faire la guerre à Troie.

Il existe cependant une autre version du voyage d’Hélène depuis Mycènes mise en avant par l’historien Hérodote, le poète Stésichore et le dramaturge Euripide dans sa pièce Hélène. Dans cette version, une tempête force Pâris et Hélène à atterrir en Égypte, où le roi local enlève Hélène à son ravisseur et renvoie Pâris à Troie. En Égypte, Hélène est vénérée comme l' »Aphrodite étrangère ». Pendant ce temps, à Troie, une image fantôme d’Hélène convainc les Grecs de sa présence. Finalement, les Grecs gagnent la guerre et Ménélas arrive en Égypte pour retrouver la vraie Hélène et rentrer chez lui. Hérodote soutient que cette version de l’histoire est plus plausible car si les Troyens avaient eu la véritable Hélène dans leur ville, ils l’auraient rendue plutôt que de laisser tant de grands soldats mourir au combat pour elle.

Néanmoins, dans la version la plus populaire de l’histoire, celle d’Homère, Hélène et Pâris retournent ensemble à Troie. À leur arrivée, la première épouse de Pâris, la nymphe Oenone, les voit ensemble et se lamente qu’il l’ait abandonnée. Elle devient amère et reproche même à Hélène d’avoir été enlevée par Thésée lorsqu’elle était enfant. Dans une colère déchirante, elle dit :

Elle qui est enlevée si souvent, doit s’offrir à l’enlèvement !
(Ovide, Héroïdes V.132)

L’affront fait par Paris à Oenone lui sera finalement préjudiciable.

Les Grecs font voile vers Troie et dix années de guerre commencent.

Image vedette : Hélène de Troie (nikola-master / Adobe Stock)

À venir dans la deuxième partie : Hélène et la bataille finale à Troie

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