Diagnostic, prise en charge et soins infirmiers dans le syndrome coronarien aigu

Le syndrome coronarien aigu est une affection potentiellement mortelle associée à une maladie coronarienne. Cet article est accompagné d’un questionnaire d’auto-évaluation afin que vous puissiez tester vos connaissances après l’avoir lu

Abstrait

Le syndrome coronarien aigu fait référence à une gamme d’affections potentiellement mortelles qui affectent l’apport sanguin des artères coronaires au cœur, et constitue une présentation courante chez les patients atteints de maladie coronarienne. La compréhension des approches diagnostiques, ainsi que des interventions pharmacologiques et coronariennes est cruciale, étant donné la prévalence du SCA. Cet article aborde les orientations actuelles fondées sur des données probantes dans la gestion du SCA et le rôle essentiel des infirmières.

Citation : Jarvis S, Saman S (2017) Diagnostic, gestion et soins infirmiers dans le syndrome coronarien aigu. Nursing Times ; 113 : 3, 31-35.

Auteurs : Selina Jarvis est infirmière de recherche et ancienne boursière de développement Mary Seacole, King’s College Hospital Foundation Trust ; Selva Saman est consultante, Port Shepstone Regional Hospital, Port Shepstone, Afrique du Sud.

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Introduction

Toutes les trois minutes, une personne est admise dans un hôpital britannique pour un syndrome coronarien aigu (British Heart Foundation, 2017), une affection courante et potentiellement mortelle associée à une maladie coronarienne. Le SCA (encadré 1) désigne une série d’affections affectant l’apport sanguin aux muscles cardiaques (myocarde) ; il s’agit notamment de l’angine instable, de l’infarctus du myocarde sans sus-décalage du segment ST (NSTEMI) et de l’infarctus du myocarde avec sus-décalage du segment ST (STEMI).

Boîte 1. Définition universelle du SCA

Une élévation du taux de troponine sanguine au-dessus du 99e percentile de la fourchette normale et/ou une chute de la troponine parallèlement à un ou plusieurs des critères suivants :

  • Symptômes évocateurs d’une ischémie cardiaque
  • Nouvelles modifications de l’électrocradiogramme indiquant une nouvelle ischémie (modification du segment ST ou de l’onde T ou nouveau bloc de branche gauche)
  • .

  • Développement d’une onde Q pathologique dans l’ECG
  • Mise en évidence par imagerie d’une nouvelle perte de myocarde viable ou d’une nouvelle anomalie régionale du mouvement de la paroi (mouvement anormal du muscle cardiaque)

Sources : Adapté de NICE (2014) et Thygesen et al (2012)

Le SCA peut résulter d’une chute soudaine du débit sanguin dans les artères coronaires alimentant les différentes régions du myocarde. Cela peut compromettre le myocarde, entraînant une ischémie réversible ou une perte complète de l’apport sanguin, qui entraîne à son tour un infarctus du myocarde et finalement la mort des cellules myocardiques (nécrose).

La mortalité hospitalière due au SCA est passée de 20 % à environ 5 % au cours des 30 dernières années, ce qui peut être dû à de meilleures pharmacothérapies, à une reconnaissance rapide et à des protocoles de traitement (National Institute for Health and Care Excellence, 2013a). Une prise en charge rapide est cruciale pour réduire le risque de mortalité et d’autres événements cardiaques.

Le traitement vise à soulager les symptômes, à améliorer le débit sanguin des artères coronaires et à prévenir les complications. Une prise en charge immédiate, associée à la réadaptation cardiaque et à la prévention secondaire, peut améliorer les résultats et la qualité de vie des patients. Les infirmières ont un rôle clé à jouer :

  • Faciliter et administrer un traitement rapide aux patients ;
  • Promouvoir la reconnaissance rapide de la détérioration ;
  • Présenter des soins holistiques et un soutien psychosocial ;
  • Encourager les patients à adopter des comportements sains de prévention secondaire.

Pathophysiologie

La plupart des cas de SCA sont causés par l’athérosclérose, qui prend place dans les artères coronaires, souvent des décennies avant un événement cardiaque. La formation d’une plaque d’athérome commence par une inflammation de faible intensité dans la couche interne des vaisseaux sanguins. Les cellules endothéliales qui tapissent les vaisseaux sanguins subissent des lésions, changent de forme et deviennent de plus en plus perméables aux liquides, aux lipides et aux globules blancs. Les transporteurs de cholestérol en circulation, notamment les lipoprotéines de basse densité (LDL), peuvent pénétrer dans la paroi artérielle et subir une oxydation. Les globules blancs sont impliqués et se transforment en macrophages, qui engloutissent les LDL ; lorsqu’ils se chargent de lipides, on parle de cellules spumeuses. Ces plaques riches en lipides contiennent des cellules inflammatoires, des débris cellulaires, des cellules musculaires lisses avec du cholestérol, et une capsule fibreuse. Avec le temps, elles peuvent progresser et provoquer un rétrécissement luminal du vaisseau sanguin, limitant ainsi la circulation sanguine.

Le SCA est généralement déclenché par la rupture d’une plaque d’athérome dans la paroi d’une artère coronaire ; cela provoque l’activation, l’adhésion et l’agrégation des plaquettes et des systèmes de coagulation, entraînant la formation d’un thrombus. Si le thrombus obstrue complètement l’artère coronaire, la partie du myocarde alimentée par cette artère est privée d’oxygène, ce qui entraîne une nécrose des cellules myocardiques et des modifications typiques du segment ST sur l’électrocardiogramme (figure 1). En outre, des enzymes cardiaques sont libérées par les cellules myocardiques endommagées (troponine I et T, isoenzyme MB de la créatinine kinase), qui peuvent être mesurées dans le sang.

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Fig 1. Modifications du STEMI dans le SCA

Facteurs de risque du SCA

Le SCA est plus fréquent chez les hommes, les personnes âgées et celles ayant des antécédents familiaux de cardiopathie ischémique. Les facteurs de risque modifiables sont le tabagisme, l’obésité, l’hypertension, la dyslipidémie et une mauvaise alimentation. Les changements de mode de vie tels que l’arrêt du tabac, la perte de poids, l’exercice, l’adhésion aux médicaments contre la tension artérielle, le contrôle strict de la glycémie chez les patients diabétiques et la prise en charge des dyslipidémies peuvent être utiles en prévention primaire et secondaire.

Signes et symptômes

Les patients présentent généralement une douleur ou une oppression thoracique centrale décrite comme sourde ou écrasante ; elle peut irradier vers la mâchoire ou le bras gauche et dure normalement >15 minutes. Certains patients, cependant, comme les diabétiques, les personnes âgées ou les femmes, peuvent ne pas avoir de douleur thoracique.

Des moyens mnémotechniques, tels que SOCRATES, peuvent être utilisés pour évaluer la douleur thoracique des patients :

  • S – site de la douleur;
  • O – début de la douleur;
  • C – caractère de la douleur;
  • R – toute radiation;
  • A – facteurs associés;
  • T – moment de la douleur ;
  • E – facteurs d’exacerbation/de soulagement ; par exemple, la position ou l’inspiration ;
  • S – gravité de la douleur en utilisant une échelle d’évaluation de 1 à 10 (10 étant la pire douleur).

Un essoufflement, des palpitations, une syncope ou des symptômes autonomes tels que des sueurs, des nausées, une tachycardie ou des vomissements peuvent également survenir (avec ou sans douleur thoracique). Il est essentiel d’accorder une attention particulière aux signes vitaux, car les patients peuvent se détériorer et devenir hémodynamiquement instables ou développer une insuffisance cardiaque et des arythmies.

Diagnostic et premières investigations

Il convient d’entreprendre une anamnèse clinique et un examen physique approfondis, appuyés par un ECG. Cela permet de délimiter la voie de traitement et, en cas de STEMI, de décider si le patient a besoin d’une reperfusion urgente. Si l’on soupçonne un SCA, il faut appeler les services d’urgence et, à leur arrivée, les ambulanciers doivent effectuer immédiatement un ECG. De nombreux paramédicaux sont formés pour reconnaître les modifications de l’ECG observées dans le cas d’un STEMI, qui comprennent une élévation ST de ≥1mm de hauteur dans deux dérivations thoraciques adjacentes, une élévation ST de ≥2mm dans deux dérivations de membre adjacentes et un nouveau bloc de branche gauche.

Si un STEMI est suspecté, les paramédicaux viseront à emmener les patients directement dans un « centre de crise cardiaque » qui propose une intervention coronarienne percutanée (ICP) primaire. Souvent, ils communiqueront avec l’équipe de cardiologie avant leur arrivée, ce qui facilitera les stratégies de reperfusion coronaire urgente (angioplastie coronaire avec/sans pose de stents dans l’artère coronaire touchée) une fois le patient arrivé à l’hôpital.

L’ICP primaire est devenue le traitement de première intention chez les patients atteints de STEMI se présentant dans les 12 heures suivant l’apparition des symptômes, à condition qu’elle puisse être administrée dans les 120 minutes suivant le délai dans lequel la thrombolyse pourrait être administrée (NICE, 2013a). Si l’ICP primaire n’est pas disponible ou s’il y a un retard, la thrombolyse peut être effectuée (à l’aide de médicaments tels que l’alteplase et la reteplase) après discussion avec le cardiologue de garde – s’il n’y a pas de contre-indications majeures.

Si l’ECG ne révèle pas d’infarctus mais qu’une ischémie cardiaque est suspectée, les patients doivent être admis et subir des ECG 12 dérivations en série pour évaluer tout changement dynamique. En cas d’atteinte myocardique, les enzymes cardiaques (typiquement les troponines T et I) sont élevées, ce qui peut aider à confirmer le diagnostic. NICE (2013b) conseille d’inclure la troponine dans l’évaluation initiale à l’admission et de prélever un deuxième échantillon 10 à 12 heures après le début des symptômes.

Une augmentation ou une diminution de la troponine au-dessus ou en dessous de la limite normale lors du test répété peut confirmer un NSTEMI. Une troponine négative et l’absence de modifications de l’ECG peuvent appuyer la décision de laisser sortir les patients qui pourraient avoir un angor instable. Ces patients devraient bénéficier d’un suivi dans une clinique de douleur thoracique rapide ou en cardiologie ; leur risque d’événements cardiaques indésirables est de 0,2 % (Weinstock et al, 2015).

La figure 2 présente les principes du diagnostic et de la prise en charge du SCA.

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Les adultes présentant un NSTEMI ou un angor instable doivent être évalués pour leur risque d’événements cardiovasculaires indésirables futurs à l’aide d’un système de notation du risque établi qui prédit la mortalité à six mois (NICE, 2013b). Cela permet de planifier la prise en charge clinique et de décider du meilleur lieu de soins (par exemple, les soins coronariens ou une unité d’évaluation médicale). Plusieurs outils sont disponibles pour stratifier le risque de mortalité dans le SCA, notamment :

  • Le score GRACE (Global Registry of Acute Coronary Events) (Granger et al, 2003);
  • Le score TIMI (Thrombolysis in Myocardial Infarction) (Antman et al, 2000).

Le tableau 1 compare GRACE et TIMI pour le scoring du risque dans le SCA.

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Gestion pharmacologique

Soulagement de la douleur

Les patients présentant une douleur thoracique peuvent avoir besoin de trinitrate de glycéryle (GTN) sublingual ou buccal pour soulager la douleur ; ceux qui ont une douleur intraitable peuvent avoir besoin d’une perfusion de GTN (NICE, 2013a). Le GTN favorise la veinodilatation et la dilatation des artères coronaires. Il peut être administré aux patients souffrant de douleurs thoraciques ischémiques à condition que leur pression artérielle systolique soit >90mmHg. Il est contre-indiqué chez les patients présentant un infarctus inférieur ou une suspicion d’atteinte du ventricule droit, car il peut entraîner une détérioration hémodynamique.

Certains patients présentant une douleur réfractaire aux nitrates reçoivent des opioïdes, tels que la morphine intraveineuse, à petites doses toutes les quelques minutes jusqu’à ce qu’ils soient indolores.

Oxygène

Les patients présentant une douleur thoracique aiguë et un SCA présumé n’ont pas besoin d’oxygène, sauf s’ils présentent une hypoxie ou une insuffisance cardiaque. Certaines données indiquent que le fait d’administrer un supplément d’oxygène aux patients souffrant d’un infarctus non compliqué peut être nocif (Stub et al, 2015).

Agents antiplaquettaires

Les plaquettes jouent un rôle central dans la formation de caillots après la rupture d’une plaque d’athérome, de sorte que la bithérapie antiplaquettaire est cruciale dans la prise en charge du SCA – tant dans les cas de NSTEMI que de STEMI.

L’aspirine est liée à une réduction de la mortalité dans les SCA, avec des effets soutenus à 10 ans (Baigent et al, 1998), de sorte qu’il est de pratique courante de donner aux patients 300 mg d’aspirine à enrobage non entérique à la présentation. En plus de l’aspirine, le groupe d’antagonistes P2Y12 des médicaments antiplaquettaires est utilisé. Cette classe de médicaments comprend le clopidogrel, le prasugrel et le ticagrelor, qui agissent plus rapidement. Les agents antiplaquettaires sont associés à des hémorragies potentiellement mortelles. Le NICE recommande d’utiliser le ticagrelor, car le risque de saignement est plus faible qu’avec les autres (NICE, 2013a). La Société européenne de cardiologie recommande le ticagrelor avec l’aspirine chez les patients présentant un NSTEMI à risque modéré (Roffi et al, 2015). De nombreux patients devront poursuivre un double traitement antiplaquettaire pendant 12 mois après un IM, quelle que soit la manière dont il a été pris en charge.

Agents anticoagulants

L’anticoagulation est utilisée pour prévenir la formation de caillots. Le fondaparinux, un agent antithrombine, réduit les événements ischémiques et améliore la morbidité et la mortalité à long terme ; 2,5 mg doivent être administrés par voie sous-cutanée une fois par jour (Fifth Organization to Assess Strategies in Acute Ischemic Syndromes Investigators et al, 2006). Il est associé à un risque réduit de saignement majeur par rapport aux autres anticoagulants – le risque de saignement étant une préoccupation pour la plupart d’entre eux (NICE, 2013b).

Chez les patients présentant un dysfonctionnement rénal (créatinine sérique >256µmol/L), l’héparine non fractionnée est utilisée. La décision d’administrer un anticoagulant, et lequel, tourne autour de la question de savoir si et quand le patient doit subir une ICP, ainsi que de son risque de saignement et de son score de risque cardiovasculaire.

Inhibiteurs de la glycoprotéine IIb/IIIa (GPI)

L’activation du récepteur de la GPIIb/IIIa est la dernière étape de l’agrégation plaquettaire lorsqu’un caillot se forme, les GPI peuvent donc être efficaces mais, là encore, sont liés à des saignements. NICE (2013b) recommande qu’un GPI (par exemple, l’eptifibatide ou le tirofiban) soit envisagé chez les patients :

  • Avec un risque de mortalité cardiovasculaire intermédiaire ou élevé qui doit subir une ICP dans les 72-96 heures ;
  • Qui ont subi une ICP avec des lésions difficiles dans les artères coronaires.

Antihypertenseurs et statines

L’hypertension est un facteur de risque cardiaque majeur qui contribue au risque de SCA, et les médicaments antihypertenseurs tels que les bêta-bloquants, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (ECA) et les antagonistes de l’aldostérone sont associés à une amélioration des résultats. Les bêtabloquants (par exemple, le métoprolol, le bisoprolol, le carvédilol) doivent être mis en route le plus tôt possible, à condition qu’il n’y ait pas d’hypotension, de signes d’insuffisance cardiaque, de bradycardie ou de bloc cardiaque. Ils réduisent la charge de travail du cœur, diminuent l’ischémie et limitent le développement et/ou la taille d’un infarctus.

La voie NICE sur la prévention secondaire de l’IM (NICE, 2017) recommande que les inhibiteurs de l’ECA (tels que le ramipril, le lisinopril et l’énalapril) soient également commencés le plus tôt possible – normalement dans les 24 heures. Des données suggèrent qu’ils sont associés à une incidence réduite d’événements cardiovasculaires indésirables majeurs lorsqu’ils sont administrés dans les premiers jours de l’apparition du SCA, et qu’ils peuvent entraîner une amélioration de la fraction d’éjection ventriculaire gauche, réduisant ainsi le risque d’insuffisance cardiaque (Køber et al, 1995). Les patients qui ont présenté des symptômes ou des signes d’insuffisance cardiaque lors d’un SCA peuvent être mis sous un antagoniste de l’aldostérone tel que l’éplérénone ; ce traitement est initié quelques jours après les inhibiteurs de l’ECA et il a été démontré qu’il réduisait la morbidité et la mortalité après un IM aigu (Pitt et al, 2003).

Les statines, visant à réduire le cholestérol, sont cruciales pour la prévention secondaire ; l’étude scandinave sur la survie de la simvastatine et les études de suivi ont confirmé leurs effets bénéfiques sur la morbidité et la mortalité en abaissant le taux de cholestérol LDL (Pederson et al, 2000). Cependant, leur action peut aller au-delà de la baisse du LDL et de l’augmentation du cholestérol à lipoprotéines de haute densité : Cannon et al (2004) ont confirmé les bénéfices de l’atorvastatine à haute dose et le NICE (2013b) recommande que les patients ayant un SCA confirmé reçoivent 80mg d’atorvastatine en prévention secondaire, à condition qu’il n’y ait pas de contre-indications.

Stratégies de reperfusion coronaire

STEMI

Les patients qui présentent un STEMI dans les 12 heures suivant l’apparition des symptômes doivent recevoir une reperfusion d’urgence dans les deux heures afin de restaurer le flux artériel coronaire et de sauver le myocarde (NICE, 2013a). L’ICP est généralement réalisée par l’artère radiale, bien que l’artère fémorale soit utilisée dans 10 à 15 % des cas (Macdonald et al, 2016). Dans le cadre du Myocardial Ischaemia National Audit Project (2014), 92 % des patients éligibles en Angleterre, 87 % au Pays de Galles et 95 % à Belfast ont reçu une ICP dans les 90 minutes suivant leur arrivée à l’hôpital.

Lagerqvist et al (2006) ont montré une réduction significative des décès et des IDM à cinq ans chez les patients ayant reçu une combinaison d’anticoagulation et d’ICP primaire. L’ICP est supérieure aux thrombolytiques, qui sont réservés aux cas où l’ICP n’est pas possible. L’objectif primordial est que les patients soient suivis par la pose d’un stent coronaire dans les 6 à 24 heures.

NSTEMI

Tous les patients atteints de NSTEMI doivent recevoir un traitement antiplaquettaire et anticoagulant. Des stratégies de reperfusion coronaire définitives sont également nécessaires – NICE recommande fortement d’utiliser GRACE ou TIMI pour déterminer le niveau de risque. Les patients à risque intermédiaire ou élevé doivent se voir proposer une coronarographie, suivie d’une ICP si nécessaire, dans les 72 heures suivant leur admission. Les patients atteints de NSTEMI ou d’angine instable qui sont cliniquement instables devraient subir une angiographie (suivie d’une ICP si elle est indiquée) dans les 24 heures suivant le moment où ils sont devenus cliniquement instables (NICE, 2014).

Priorités en matière de soins infirmiers

Admission à l’hôpital en phase aiguë

La tenue de notes claires et complètes est cruciale pour garantir que toutes les infirmières s’occupant de patients atteints de SCA connaissent l’état clinique des patients, les sujets de préoccupation et le plan de gestion. Les infirmières qui s’occupent de patients ayant récemment subi une coronarographie doivent surveiller les sites d’accès radiaux ou fémoraux et être capables de reconnaître les complications. Une communication étroite avec le personnel du laboratoire de cathétérisme cardiaque et l’unité de soins coronariens est cruciale. Les infirmières qui reçoivent ces patients ont besoin d’informations claires sur le type de procédure qu’ils ont subi, les éventuelles complications, les médicaments et les fluides IV, et s’ils ont reçu des anticoagulants ou des IPG, ce qui les exposera à un risque accru de saignement (Macdonald et al, 2016).

Les priorités générales pour les patients atteints de SCA sont la surveillance hémodynamique et l’observation étroite des signes vitaux. Un examen du statut liquidien peut fournir des informations sur la perfusion rénale, car certains patients peuvent présenter ou développer une insuffisance cardiaque. Chez les patients diabétiques, la glycémie capillaire doit être régulièrement vérifiée ; certains peuvent être mis sous insuline IV si leur glycémie est >11mmol/L. Les patients chez qui un diabète a été récemment diagnostiqué doivent être orientés vers l’infirmière spécialisée en diabétologie.

La surveillance des symptômes est importante pour parvenir à soulager la douleur avec le GTN ou la morphine. La reconnaissance rapide de tout changement cardiaque sur les ECG en série est également un aspect essentiel des soins infirmiers. Les patients considérés comme à haut risque doivent être pris en charge dans un endroit où une surveillance cardiaque continue est disponible, car ils sont exposés à des arythmies qui peuvent précéder un arrêt cardiaque. Les patients à risque intermédiaire peuvent être pris en charge dans une unité d’évaluation médicale, où ils sont susceptibles de recevoir des ECG en série. Les infirmières qui s’occupent de patients atteints de SCA doivent avoir des compétences en matière d’interprétation d’ECG, car les changements d’ECG ou les arythmies sont des signes de détérioration potentielle.

Les autres éléments des soins infirmiers comprennent la gestion continue des canules IV, des lignes de pression veineuse centrale, des cathéters urinaires et des plaies et pansements.

Les patients sont susceptibles d’être anxieux et effrayés. Les infirmières doivent être calmes et rassurantes, et s’assurer que la douleur et les autres symptômes sont bien contrôlés. Elles jouent un rôle central dans la fourniture d’un soutien psychosocial ; dans la mesure du possible, elles doivent donner aux patients la possibilité de parler de leurs expériences, d’aborder leurs préoccupations et de les relayer à l’équipe pluridisciplinaire.

La sortie et la prévention secondaire chez les patients victimes d’un IM

Il y a plusieurs choses à prendre en compte lorsque les patients victimes d’un IM confirmé (soit NSTEMI, soit STEMI) sont prêts à être renvoyés chez eux (encadré 2). La prévention secondaire doit être au cœur des stratégies des infirmières. Les patients doivent comprendre leur état et être encouragés à apporter les changements nécessaires à leur mode de vie, ce qui sera crucial pour prévenir les récidives. Ils sortiront de l’hôpital avec de nombreuses informations, mais la priorité est qu’ils comprennent :

  • Ils ont eu un IM aigu ;
  • Résultats de toutes les investigations ;
  • Comment leur état sera géré.

Boîte 2. Sortie et prévention secondaire post IM

Diagnostic et modalités de suivi – A inclure dans chaque résumé de sortie :

  • Confirmation du diagnostic d’IM aigu
  • Résultats de l’investigation
  • Plans de gestion future
  • Conseils de prévention secondaire

Les patients doivent recevoir une copie de leur résumé de sortie

Réhabilitation cardiaque (RC) – Conseillez les patients sur la RC et encouragez-les à y participer. La RC consiste en :

  • Activité physique
  • Conseils sur les voyages et la santé
  • Soutien psychologique et social
  • Conseils sur l’activité sexuelle
  • Soutien pour les changements de mode de vie

Facteurs de risque cardiaque et changements de mode de vie

  • Contrôle de la pression artérielle
  • Réduire le taux de . LDL cholestérol
  • Maintenir le contrôle de la glycémie
  • Arrêter de fumer
  • Maintenir une alimentation saine
  • Prendre une activité physique appropriée
  • Restreindre la consommation d’alcool à des niveaux sûrs
  • Maintenir un poids sain

Traitement médicamenteux pour la prévention secondaire -. Proposez tous les médicaments suivants :

  • Inhibiteur de l’ECA
  • Dual thérapie plaquettaire
  • Bêta-bloquant
  • Statine

S’assurer que le médecin généraliste est conscient du moment de la titration des médicaments et de la nécessité de surveiller la fonction rénale et la pression artérielle

ECA = enzyme de conversion de l’angiotensine. LDL = lipoprotéines de basse densité. IM = infarctus du myocarde.
Source : Adapté de National Institute for Health and Care Excellence (2015)

Les patients sont susceptibles de rentrer chez eux avec plusieurs médicaments et beaucoup devront les prendre pour le reste de leur vie. Ces médicaments comprennent généralement une double thérapie antiplaquettaire, des bêta-bloquants, des statines et des inhibiteurs de l’ECA. Certains patients auront également besoin d’antagonistes de l’aldostérone. Les infirmières doivent s’assurer que les patients :

  • comprennent les dosages et les voies d’administration ;
  • savent qu’il ne faut pas interrompre le traitement sans avis médical.

Dans la mesure du possible, les proches doivent participer aux discussions, car ils peuvent souvent aider à modifier le mode de vie. Les patients devraient recevoir des conseils sur les voyages et être informés des règles concernant la conduite après un infarctus. Il convient également de leur conseiller de demander une évaluation médicale urgente si une douleur thoracique réapparaît.

Les conseils peuvent être renforcés par des informations écrites, telles que des brochures de la British Heart Foundation, et les patients peuvent être orientés vers des groupes de soutien et des sites Internet tels que NHS Choices, le cas échéant (Scottish Intercollegiate Guidelines Network, 2016).

Les infirmières doivent répondre aux préoccupations des patients et les orienter vers des infirmières en cardiologie ou des diététiciens pour des conseils spécialisés, ainsi que vers l’équipe de soins primaires pour une prévention secondaire continue. Ils devraient également les encourager à participer à un programme de réadaptation cardiaque ; c’est particulièrement le cas pour les groupes difficiles à atteindre – les personnes âgées, les femmes, certains groupes ethniques, les personnes vivant dans les zones rurales, celles ayant un statut socio-économique inférieur – dans lesquels la fréquentation est inférieure à la moyenne (NICE, 2015 ; Dalal et al, 2015).

Infirmières spécialisées

Le développement des rôles d’infirmières spécialisées dans les douleurs thoraciques et les SCA a amélioré les soins pour les patients atteints de SCA, en particulier ceux atteints de NSTEMI. Ces infirmières peuvent effectuer des évaluations de triage aigu et faciliter l’accès rapide aux services spécialisés et aux cardiologues. Des études commencent à montrer que le triage précoce dirigé par des infirmières peut aider à identifier les patients de manière précoce, facilitant ainsi une intervention rapide (O’Neill et al, 2014 ; Alfakih et al, 2009).

Conclusion

Le SCA est une affection courante, qui met la vie en danger et, dans notre population vieillissante, son incidence est susceptible d’augmenter. Les infirmières ont un rôle crucial dans la gestion clinique des patients atteints de SCA, en les aidant à comprendre leur état et leurs soins, et en favorisant la prévention secondaire.

Points clés

  • Le syndrome coronarien aigu est une affection fréquente et potentiellement mortelle associée à une maladie coronarienne
  • L’intervention coronarienne percutanée primaire dans les 12 heures suivant l’apparition des symptômes constitue le traitement de premièreligne de traitement
  • La gestion pharmacologique dans la phase aiguë se concentre sur le soulagement de la douleur et la prévention de la formation de nouveaux caillots tout en minimisant le risque de saignement
  • Après la sortie de l’hôpital, les patients ont besoin d’une prévention secondaire impliquant des médicaments, une réadaptation cardiaque et des changements de mode de vie
  • Les infirmières jouent un rôle crucial dans la prestation de soins et le soutien psychologique à toutes les étapes du parcours du patient

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